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« Œuvre d’art et machine de guerre : le canon des génies dans William Shakespeare de Victor Hugo »

Guillaume Peynet est élève en 4e année à l’École normale supérieure. Agrégé de lettres classiques, il s’apprête à préparer une thèse sur " Métaphore et pensée chez Victor Hugo (1852-1864)", sous la direction du Pr. Franck Laurent (Université du Maine).

Dans son William Shakespeare (1864), Hugo donne une formulation complète de sa « théorie » des génies, et l’appuie sur une liste de quatorze grands « écrivains » : Homère, Job, Eschyle, Isaïe, Ezéchiel, Lucrèce, Juvénal, Tacite, saint Jean, saint Paul, Dante, Rabelais, Cervantès, Shakespeare. Avec cette liste, c’est bien un canon de la littérature occidentale qu’il propose. On verra quelles réponses ce cas singulier nous permet de donner à deux questions théoriques : celle du mode de construction du canon, et celle des intentions auxquelles il répond, des significations qu’il revêt. La construction du canon peut reposer sur des critères avoués – une définition de l’écrivain digne d’être canonisé, ce qui engendre une réflexion sur la valeur littéraire – mais aussi sur des critères moins avoués qu’on s’attachera à débusquer, y compris des critères esthétiques. Quant aux finalités prêtées au canon, entre les mains d’un individu et d’un poète comme Hugo, on les voit se multiplier : critique littéraire, mais critique d’écrivain, qui s’épanouit en création artistique ; polémique contre une autre conception de la canonicité, celle de l’idéologie classique ; autoportrait littéraire voire autocanonisation… Le canon devient œuvre d’art, il devient aussi machine de guerre.
 
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