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Transmission indirecte et constituion de corpus dans l’Antiquité tardive

Vendredi 27 mars, 9h30-17h, salle des Résistants

Une des premières tâches du philologue, et un des premiers défis rencontrés par le jeune chercheur, est la délimitation de l’objet de recherche. Or certains types de textes supportent mal de rester à l’intérieur de frontières bien définies ; les antiquisants s’affrontent à deux cas principaux, la fixité – ou non – du corpus et la question de la transmission indirecte.

À l’intérêt scientifique de cette journée d’études s’ajoute un souci pédagogique : les intervenants qui présenteront leur objet de recherche inscrit dans les problématiques exposées ci-dessous sont tous des jeunes chercheurs, docteurs ou doctorants, qui ont été confrontés aux questions de délimitation des corpus et de manière d’aborder des textes qui nous sont parvenus par extraits ou en traduction. Leurs interventions chercheront tant à démontrer les résultats de leurs enquêtes qu’à exposer une méthodologie.

Le public visé comprend autant les chercheurs qui s’intéressent aux domaines variés qui seront abordés (recueils épistolaires, médecine, histoire, histoire des dogmes) que les doctorants et étudiants de l’enseignement supérieur confrontés à ces questions de méthode, intéressés par des aspects de l’Antiquité moins présents dans les cursus classiques et enthousiasmés par les langues anciennes et les approches qui remettent en question les traditions.

 
Axes de réflexion

 

 1) S’intéresser à un corpus implique de définir les éléments qui le composent et le moment où ceux-ci ont été rassemblés. Des frontières ont été tracées pour exclure ou inclure : sur quels critères ont-elles été établies ? Et de quand datent-elles ? Le philologue est tributaire d’une tradition qui peut remonter aux origines, à la tradition manuscrite, à l’édition princeps ou à la critique moderne. Peut-on remettre en cause la constitution d’un corpus ? Dans quelle mesure la tradition en a-t-elle infléchi notre perception ? Est-ce l’origine ou la transmission qui entérine la légitimité ?

2) L’étude de la transmission indirecte nécessite pour chaque philologue la mise au point de méthodes d’investigation qui lui sont propres, selon la manière dont a été transmis l’œuvre dont il s’occupe.

A) Par la citation, des passages d’un auteur antérieur sont transmis, extraits de leur contexte originel ; utilisés dans l’argumentation de l’auteur postérieur, ils acquièrent alors un sens nouveau. Dans un troisième temps, isolés par l’éditeur moderne, ils deviennent des fragments dépouillés de tout support argumentatif, que le lecteur peut à son tour articuler. Que perçoit-il alors du premier auteur : son œuvre, la sélection effectuée par le collecteur, ou la confrontation des éléments juxtaposés par le dernier éditeur ?

B) Certaines pratiques de traduction s’apparentent à une transmission indirecte : ainsi, dans l’Antiquité, la traduction des homélies, des textes apocryphes chrétiens ou des écrits hagiographiques peut être proche d’une réécriture. Le texte n’est en effet pas fixé par une norme mais, malléable, se laisse adapter par le traducteur au nouveau public dont il faut parler la langue dans la lettre et dans l’esprit. Le style, les références, les événements même sont modifiés : peut-on distinguer les différents procédés qui mènent à cette réécriture ? Comment évaluer l’écart entre le texte original – s’il est conservé – et sa traduction ?

 

 

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