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Présentation

 Séminaire « Anachronies : textes anciens et théories modernes »
Séminaire mensuel, le vendredi, de 14h à 16h.

Séminaire transversal DSA - LILA, en collaboration avec l’Atelier de théorie littéraire de Fabula.


Responsables : B. Boulay, F. Fleck, N. Koble.

Organisation des séances : N. Bertrand, B. Boulay, L. Charles, M. Diarra, M. Douguet, F. Fleck, N. Koble, M. de Marcillac, G. Mérot, A. Mussou, C. Paulian, S. Rabau, L. Zimmermann.

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Les actes du séminaire sont progressivement mis en ligne dans l’Atelier de théorie littéraire du site Fabula : Anachronies. 

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Anachronie n.f. 1. État de discordance temporelle entre le lecteur moderne et les textes anciens. 2. Œuvre participant de pratiques culturelles d’autres époques, révolues ou à venir. 3. Action de déplacer des notions, des catégories, des théories dans une époque différente de celle qui les a produites. 

Lorsque nous lisons les textes anciens à la lumière de théories modernes (théories littéraires, linguistiques, philosophiques, psychanalytiques…) et des concepts qui en sont tirés, nous pouvons légitimement éprouver une sensation d’anachronisme. Pourtant, l’ambition historienne de retrouver la réception contemporaine de la production de l’œuvre découle elle-même d’habitudes de lecture héritées de la philologie du XIXe siècle. De fait, la condamnation sans appel de l’anachronisme constitue aussi un mode de lecture anachronique et elle ne permet pas de rendre compte de cette spécificité de la lecture littéraire qui est de laisser jouer le fonctionnement intempestif de la mémoire.

De leur côté, les théories se présentent souvent comme anhistoriques et comme autonomes par rapport aux textes qu’elles décrivent : ceux-ci n’auraient d’autre statut que celui d’exemples à visée illustrative dont, en droit, elles pourraient se passer. Toutefois, ce caractère achronique et purement déductif de la théorie est loin d’être évident, ne serait-ce que parce qu’une théorie en réactualise souvent une autre plus ancienne ou trouve son ancrage dans un certain climat intellectuel ou un certain type de textes historiquement datés. De ce point de vue, lire des textes anciens avec des théories modernes ne cesse de faire signe vers l’histoire ou vers un entremêlement d’histoires : histoire des textes et de leur transmission, histoire des lectures, histoire des théories.

L’objet du séminaire n’est pas, cependant, de s’en tenir à une historicisation généralisée des interprétations, des théories et des textes. Il est plutôt, à la faveur de cet inconfort que constitue l’anachronisme, d’interroger quelques grandes notions souvent considérées comme allant de soi : la catégorisation par périodes de l’histoire littéraire ou de l’histoire de l’art, la notion de texte, l’étiquette de « texte ancien », le poids de l’autorité créative de l’auteur par rapport à celle du lecteur. L’anachronisme, rebaptisé « anachronie », devient ainsi une notion positive et féconde. Plutôt qu’un geste d’ignorance, l’anachronie sera l’occasion de s’intéresser à la relation entre le théoricien et le texte, d’installer la réflexion dans la distance temporelle et d’en faire le paradigme en quelque sorte grossissant des questions qui se posent à tout théoricien dès lors qu’il rencontre un corpus spécifique, à tout spécialiste d’une ère ou d’un moment littéraire dès lors qu’il rencontre la théorie : autorité du texte, transformation ou conservation du corpus, exemplarité, partage entre le donné et le construit dans l’élaboration des théories et l’appréhension des textes.

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Bibliographie générale :

Charles, Michel, Introduction à l’étude des textes. Paris : Seuil, 1995 ; voir en particulier « Préambule » et « Principes : De la théorie à la méthode » p. 7-29 et p. 33-113.

Didi-Huberman, Georges, Devant le temps. Histoire de l’art et anachronisme des images. Paris : Minuit, 2000 ; voir en particulier « Ouverture : L’histoire de l’art comme discipline anachronique » p. 9-55.

Loraux, Nicole, « Éloge de l’anachronisme en histoire », Le Genre humain n°27, Éditions du Seuil, 1993, p. 23-39 ; repris dans Les Voies traversières de Nicole Loraux. Une helléniste à la croisée des sciences sociales, numéro commun EspacesTemps Les Cahiers n°87-88 et CLIO, Histoire Femmes et Sociétés, 2005, p. 127-139 ; repris aussi dans La Tragédie d’Athènes, Paris, Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2005, p. 173-190.

Rabau, Sophie (dir.), Dossier « Théorie littéraire et littérature ancienne : interpolation et lacune », Lalies 17, Actes des sessions de linguistique et de littérature, 1997, p. 101-213 ; voir en particulier l’« Introduction » de Sophie Rabau, p. 101-112.

Schlanger, Judith, La Mémoire des œuvres. Lagrasse : Verdier, 2008 ; voir en particulier le chapitre 5 : « Le passé pertinent », p. 120-142.

Ressources en ligne (Atelier de théorie littéraire de Fabula) :

« Anachronies : textes anciens et théories modernes » (les actes du séminaire pour l’année 2011-2012)

« Sortir du temps : la littérature au risque du hors-temps » (séminaire organisé par Henri Garric et Sophie Rabau)

« Théorie littéraire et/ou littérature antique » (Sophie Rabau)

« Le plagiat par anticipation » (autour de l’article et du livre de Pierre Bayard)

NB : La bibliographie est restreinte à dessein pour que les participants puissent prendre connaissance de l’ensemble de ces textes, qui serviront de base commune à la discussion.

 

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